3 artistes à découvrir

Le mois de février est déjà terminé ! Nous espérons vous avoir fait découvrir des artistes, des films, des livres et des lieux nouveaux ; vous avoir fait réfléchir à ce qu’est la transidentité et les questions que peuvent soulever sa représentation.

Avant de passer au thème suivant, voici trois artistes qui travaillent autour de cette thématique et que nous souhaitions vous faire découvrir :

Aï Barreyre est une photographe née à Tokyo, qui vit et travaille à Paris. Elle interroge les questions de genre et la transidentité à travers sa série A Fleur. Retrouvez-là, ainsi que l’ensemble de la série, sur son site internet.
Dans A Fleur, elle mêle des portraits, des photos de famille, des documents et des témoignages autour de la question de l’identité transsexuelle. Le film Still Life, qui l’accompagne, anime ces portraits de femmes trans anonymes, pendant qu’une voix off narre une vie, sa quête d’identité, son processus de construction en tant qu’individu. La lumière délicate et éclatante des photographies dote ces visages d’une belle délicatesse et profondeur.

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Tuesday Smillie est une artiste trans américaine. Dans sa série Sew Witch, réalisée en 2008-2009, elle réalise des collages de photos de femmes trans, nécessaires de couture et formes géométriques qui les affirment ou bien les masquent. En faisant référence à la couture, elle inscrit à la fois ses figures dans un univers traditionnellement féminin tout en indiquant la démarche de construction, d’assemblage, de transformation.
Les aiguilles, épingles et ciseaux semblent être tour à tour des ustensiles pour mieux construire et des armes menaçantes. Cette tension reflète la façon dont l’affirmation de son genre véritable peut être en même temps une source de fierté et d’orgueil, et d’isolation et de vulnérabilité. Percutants et poétiques, ces collages montrent bien ces deux facettes, ces deux tranchants symbolisés également par les triangles métallisés qui les rythment.

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Kai Cheng Thom, alias Lady Sin Trayda, est une poète et performeuse trans vivant à Montréal. Elle écrit et performe de très beaux slams, évoquant notamment son identité. Vous pouvez la retrouver sur son site, et c’est avec ces mots que je vous laisserai pour ce mois-ci :

every day, feminism

in the mornings, i compose
my feminity like a poem.
like the witch who kept
her face in a jar,
i make up my mask
with ritual motion, with prayer, with spell
mirror, mirror, what do you see
make me a woman / but make me free

“ni hao, faggot” says the lip-smacking man on the metro
staring down the front of my dress,
i wonder if he’s looking for a dick between my legs
or maybe salvation between my breasts.
either way, i think this ends
with wine, blood, crucifixion.
O metro man, Iscariot mine,
what have you lost? what will you find?
there’s a map of the orient under my tongue,
when i turn to terra-cotta,
you can jump my dragon bones.
can you love something
that you don’t own?

whether you work the street or the runway,
a femme who wants to get what she deserves’
gotta rock high heels and the boat,
the way my father always said
was gonna get me in trouble someday. white girls raped
in college, trans girls murdered by the dozen every year,
Indigenous girls vanished
on the highway, Black girls shot up by the fuzz – every
way you look at it, the body’s a battleground
for any woman, though not every woman
is my girl-in-arms.
and ain’t i a soldier?
we’ve got to pick our battles, ladies.
which war is yours?

sinking into bed with my man,
i remember reading audre lorde for the first time
on how for some, survival is a revolutionary act,
at the time i wondered,
what does that make suicide?
but the age of angst is over, at least for me,
these days i’m
committed to living, for as long as it lasts.
witch work, i weave
my fingers over my boyfriend’s skin, his hair,
his nipples, his cock, almost clawing,
like i lost a woman in his body
and my salvation lies
in setting her free.
the man’s the mirror, the mirror’s the man,
tell us who’s fairest
once and for all.

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